Né à Dijon le 30 juillet 1897.

Après avoir essayé en vain, encore mineur, d’obtenir l’autorisation de sa mère, veuve avec son fils ainé déjà engagé dans la marine, il est finalement incorporé le 6 juillet 1916 au 152ème  R.I. à Langres puis au 219ème jusqu’au 27 juin 1917. Il participe dans les tranchées à la bataille de l’Oise et de la Somme devant Saint-Quentin.

Rêvant de voler depuis sa jeunesse près des terrains d’aviation de Longvic-Les-Dijon et d’Issy-les -Moulineaux, il est accepté* comme Elève-Pilote à Longvic où il sera breveté Pilote Militaire le 27 septembre 1917.

Passé par les Ecoles d’Aviation d’Avord puis de bombardement de Sacy-Le-Grand il est affecté le 3 février 1918 à l’Escadrille d’observation 39 appelée successivement CM (Caudron Monoplace) puis C39 (Caudron G3 puis G4), SOP 39 (Sopwich et Letord) et enfin SAL39 (Salmson 2A2). Il connaîtra en 19 mois 10 changements de stationnements sur 618km et participera activement à la deuxième Bataille de la Marne autour de Reims, Château- Thierry et Sainte-Menehould. Souvent en binôme avec Joseph Kessel comme observateur il assure des missions diverses : observation et photos, protection, reconnaissances diurnes et aux lueurs, réglages d’artillerie, essais d’appareils TSF à bord, de destruction de batteries, lancés de fléchettes en acier, lancement de tracts au-dessus des lignes ennemies, barrage de tir sur ballons, essais d’appareils, liaisons d’infanterie, etc. La vie de son équipage inspirera à Joseph Kessel son roman éponyme repris plusieurs fois au cinéma. En contact quotidien avec les dangers du pilotage lui-même sur des « coucous » aux ailes fragiles et aux mécaniques inconstantes, des échanges de balles avec des positions ou des avions ennemis enfin des conditions météorologiques difficiles sans instruments de bord adéquats. Etant rentré de nombreuses fois son avion criblé de ces milliers de balles qui tuaient quasi quotidiennement des camarades, il avait gardé l’habitude de cette époque-là de dire avec un roulement des « r » hérité de sa Bourgogne natale qu’il avait la « baraka » !

En mars 1919, affecté à l’escadrille B.R 218 (Breguet 14 A2), il effectue le premier courrier postal aérien Paris-Strasbourg et retour jusqu’au 26 septembre 1919 où il est avec près de 400 heures de vol, démobilisé.

Dans les années 20, envisageant de valoriser son expérience de courrier postal aérien sur Salmson 2A2 en rejoignant les lignes aériennes Latécoère, il est venu à Toulouse rencontrer Didier Daurat. De forts tempéraments, les deux hommes ne finalisèrent pas le projet d’autant que marié en 1920, sa jeune épouse n’était pas vraiment emballée par cette perspective, ce qui n’a pas dû contribuer à sa réussite … Effectuant des Périodes Militaires Volontaires régulières entre 1920 et 1935, il est de nouveau mobilisé pour des missions au Maroc en 1939 jusqu’en septembre 1940.

Il participera pendant plusieurs années en tant qu’instructeur bénévole à la mise en place et au développement des Scouts de l’Air en particulier par des stages réguliers d’une troupe de Scouts puis Pionniers parisiens à la Banne d’Ordanche (63)

Lucien Sirdey décède le 31 mars 1988 à Pechbusque.

Eléments transmis par Christine Vaillant Sirdey, petite-fille de Lucien dit Xavier Sirdey à partir d’enregistrements sur cassettes faits dans les années 80.

*C’est par l’entremise de son cousin germain le concepteur et constructeur de moteurs d’avion Pierre Clerget qu’il a pu intégrer l’aviation .

PILOTE A L'AEROPOSTALE [1879-1988]