La Ligne, était le nom donné au tracé aérien qui partait de l’aérodrome de Toulouse-Montaudran, et qui passait par l’Espagne, le Maroc, La Mauritanie, le Sénégal, pour enfin arriver en Amérique latine! Dans l’esprit de La Ligne et selon les volontés de Pierre-Georges Latécoère et de ses associés, le courrier ne devait jamais se faire attendre, et devait arriver à l’heure quelles que soient les conditions de vol. Le constat était simple :
« On écrit tous les jours, l’avion doit voler tous les jours »!
La compagnie Générale Aéropostale a disparu depuis bientôt 100 ans et a marqué l’histoire grâce à des pilotes d’avion héroïques qui ont transporté du courrier par tous les temps à bord d’avions construits à une époque où l’industrie aéronautique en était à ses débuts. Elle a été créée sous le nom de la société des Lignes Aériennes Latécoère à la fin de la Première Guerre mondiale par l’entrepreneur visionnaire Pierre-Georges Latécoère qui a eu l’idée de réutiliser ses avions de guerre devenus inutiles, en les adaptant au transport du courrier.
Elle deviendra en 1927 la Compagnie Générale Aéropostale après l’achat de son exploitation par Marcel Bouilloux Lafont qui installé en Amérique du Sud, dirigera la compagnie dont les avions volent jusqu’à Santiago du Chili en traversant la périlleuse Cordillère des Andes, et pour l’Aeroposta Argentina, vers Asuncion au Paraguay et Rio Gallegos en Patagonie.
L’incroyable aventure aérienne imaginée par Pierre Georges Latécoère recouvrait à l’évidence des visées industrielles et commerciales de première importance. Près d’un siècle plus tard, elle demeure dans l’esprit parce que ses acteurs ont ouvert au progrès des chemins jusque-là inimaginables. Elle a bouleversé la donne en matière d’aéronautique, de transport, de communication. Elle le doit aux pilotes et aux techniciens qui l’ont servie et au-delà des sacs de courrier transportés depuis Toulouse et aux messages d’espoir et de raison de vivre qu’ils ont laissé aux peuples même les plus lointains.
A partir du début du vingtième siècle, les trois grandes périodes marquant l’histoire de l’aviation commerciale sont représentées par trois compagnies successives:
1919-1927 : Lignes Aériennes Latécoère
1927-1933 : Compagnie Générale Aéropostale
1933 : création d’Air-France
Voici quelques dates clés de cette grande histoire:

Pierre Georges Latécoère, un industriel de Bagnères-de-Bigorres aménage le terrain de Toulouse-Montaudran pour la construction d’avions SALMSON dont la commande exceptionnelle de 1000 appareils lui avait été faite par le Ministre de l’Armement en 1917. Le premier avion sort début mai 1918. Au total 800 avions auront été construits avant l’armistice du 11 novembre 1918.

Pierre Georges Latécoère effectue un 1er voyage à Barcelone à bord d’un SALMSON piloté par René Cornemont et crée les Lignes Aériennes Latécoère (L.A.L.)

Pierre Georges Latécoère engage le pilote Didier Daurat et signe un contrat d’exploitation de la ligne Toulouse-Rabat.

La liaison de Poste Aérienne France – Maroc devient régulière. La Compagnie Générale d’Entreprise Aéronautique (C.G.E.A.) voit le jour.

Latécoère désigne Didier Daurat comme chef exploitation. La ligne est ouverte au transport de passagers, Montaudran devient alors le premièr aérogare de France.

Pierre Georges Latécoère crée la Société Industrielle des Avions Latécoère (S.I.D.A.L.) qui fournira le matériel volant.

Le capitaine Joseph Roig mène un vol de trois Breguet XIV pour prolonger la ligne jusqu’à Dakar.

Joseph Roig, est chargé par Latécoère de défricher la ligne de Natal à Buenos Aires, avec l’aide du Prince Murat.

Joseph Roig, Paul Vachet, Etienne Lafay et Victor Hamm, effectuent un vol d’étude de Rio à Buenos Aires suivi en mars 1925, par le trajet Rio de Janeiro – Pernambouc (Recife).

Premier vol commercial Casablanca Dakar.

Pierre Georges Latécoère, dont la société C.G.E.A. est en proie à des difficultés financières, se rend à Rio de Janeiro pour y rencontrer Marcel Bouilloux-Lafont, industriel français fortement implanté en Amérique du Sud. Pour développer la Ligne sur le continent sud-américain, Pierre Georges Latécoère vend la C.G.E.A à Marcel Bouilloux Lafont qui s’engage à acheter à la S.I.D.A.L le matériel volant nécessaire.

La C.G.E.A. devient la Compagnie Générale Aéropostale (« L’Aéropostale »), présidée par Marcel Bouilloux-Lafont.
Décret du gouvernement argentin approuvant le contrat signé avec la Poste argentine.
Signature d’une convention avec l’Etat Français fixant l’attribution de subventions à L’Aéropostale.

Naissance de « L’Aeroposta Argentina S.A » pour étendre le réseau vers le Sud et établir des liaisons avec le Paraguay et le Chili.

Saint-Exupéry devient chef d’aéroplace à Cap Juby.
Création de « Aeroposta Uruguay ».

Inauguration de la ligne Rio Natal et Rio Buenos-Aires par Georges Pivot et Paul Vachet sur un Laté 25.
Naissance de « Aeroposta Brasilera » (C.A.B).
Création de Radio Emissora (CAREB).
Toutes ces nouvelles compagnies, Argentines, Uruguayennes, Brésiliennes sont affiliées à la Compagnie Générale Aéropostale.
Premier service postal France – Amérique du Sud (la traversée Dakar-Natal se faisant par aviso jusqu’en 1935).
Vols d’essais de Buenos Aires à Santiago du Chili, de Jean Mermoz et Alexandre Collenot sur un Laté 25, afin d’explorer les meilleures routes aériennes pour traverser la Cordillère des Andes.
Aeroposta Argentina ouvre la ligne Buenos Aires – Asuncion (Paraguay) avec les pilotes Paul Vachet et Pedro Ficarelli.

Jean Mermoz et Henri Guillaumet effectuent le 1er courrier aérien Santiago du Chili Mendoza en Potez 25.
Antoine de Saint-Exupéry effectue seul la première liaison de Buenos Aires à Comodoro-Rivadavia sur un Laté 25 d’Aéroposta Argentina.
Ouverture de lignes de L’Aéropostale au Venezuela par Paul Vachet. La Compagnie Générale Aéropostale exploite à cette date un réseau de 17 000 kilomètres, rassemblant 80 pilotes, 250 mécaniciens, 53 radios, 250 marins, en tout 1 500 personnes. Elle possède 218 avions, 21 hydravions et 8 navires.

Première traversée commerciale de l’Atlantique Sud entre Saint-Louis du Sénégal et Natal par Mermoz, Dabry et Gimié sur un Latécoère 28.3 (Comte-de-La-Vaulx).

Henri Guillaumet est victime d’un accident dans la zone de la Laguna Diamante. Après plusieurs jours de marche dans la montagne, il est retrouvé et sauvé après une semaine de recherche.
Une révolution au Brésil et en Argentine oblige la suspension provisoire de l’exploitation.
Bouleversements Ministériels en France qui vont empêcher le renouvellement de la concession d’exploitation et la garantie de l’État à de nouveaux emprunts. Depuis ce début 1930, L’Aéropostale fait face à une crise de trésorerie intense et demande de l’aide à l’État français qui refuse.ere
La Société Centrale pour l’Exploitation des Lignes Aériennes (SCELA) qui regroupe Air-Orient, la CIDNA, Farman et Air-Union, rachète les actifs de L’Aéropostale.

La SCELA devient Air-France.
L’activité de L’Aéropostale sera poursuivie par Air-France qui exploitera le réseau intérieur d’Amérique du Sud. À partir de 1935 la liaison Dakar-Natal sera assurée régulièrement par hydravion en remplacement des avisos. Elle sera effectuée ensuite par avions.
Montaudran perd son rôle d’aéroport au profit de Francazal et devient un haut lieu de maintenance des appareils.