Dans les années 1920, le Grand Balcon était une pension bourgeoise qui accueillait des employés de bureau célibataires. Cette pension était tenue par les « demoiselles Marquès », trois sœurs Risette, Henriette et Lucie.
Selon la légende, tout commence, le jour où l’épouse de Didier Daurat, directeur de l’exploitation des lignes Latécoère puis de l’Aéropostale, aurait fait un malaise devant Le Grand Balcon. Les sœurs Marquès seraient vite accourues pour lui venir en aide. Afin de les remercier, Daurat aurait décidé de faire de cette pension le pied à terre de ses pilotes et mécaniciens.
Bien placé, l’endroit n’est à cette époque qu’à deux pas du tramway du Capitole qui mène les aéropostiers à l’aérodrome de Montaudran, point de départ des lignes pour l’Espagne et le Maroc. Les pilotes comme Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet occupent les premier et second étages, tandis que les mécaniciens investissent le troisième. A l’époque, le premier étage d’aujourd’hui était considéré comme « l’entre-sol ». Il servait alors de salon de thé ou espace de détente où se retrouvaient les pensionnaires.
Pour l’anecdote, Jean Mermoz, séducteur invétéré, y portait ses fiancées d’un soir tandis qu’ Antoine de Saint-Exupéry se lançait dans de langoureux tangos lorsque la salle à manger (au lounge) et l’entresol (l’actuel premier étage) étaient transformés en dancing. Les tenancières ne leur en tenaient pas rigueur. Cette soif de vivre marquait une crainte de mourir. Elles savaient que certains de leurs pensionnaires laisseraient leur vie à bord de leur appareil dans une prochaine expédition… C’est ce qui arriva à Mermoz « l’Archange » disparu dans l’Atlantique Sud avec ses camarades le 7 décembre 1936.Trois décennies plus tard, ces demoiselles deviendront aux côtés de Pierre Fresnay et de Georges Marchal les vedettes du Grand Balcon, le film d’Henri Decoin sorti en 1949 qui retrace l’épopée des aventuriers de la première compagnie aérienne française.
Ce bâtiment construit au milieu du 19 e siècle a été rénové en 2008 par l’architecte Jérémy Harter et le designer Jean-Philippe Nuel. Celui-ci fait de nombreux clins d’œil à cette jolie époque : toiles tendues imprimées de nuages, vitres gravées de citations de Saint-Exupéry, de quoi se laisser entraîner dans un voyage dans le temps… Les couloirs sombres éclairés de néons au sol rappellent les pistes de décollage des aérodromes.
Lieu de mémoire des aviateurs de L’Aéropostale, le bâtiment est classé Monument Historique de France en 1999 pour ses façades et toitures, grand hall, escalier, ascenseur, réception et chambre n° 32 ou la Suite Saint-Exupéry actuelle.
La Suite Saint-Exupéry
Depuis qu’Antoine de Saint-Exupéry a séjourné dans cette chambre n°32 en 1926, certains éléments n’ont pas bougé comme la porte avec le numéro 32, le parquet, le bidet, le lavabo, la cheminée ou les encadrements de fenêtre.
Encadrement fenêtres.
Le couloir et la partie salle de bain/toilettes ont été refait dans l’ambiance des années 1920/1930, Art-Déco, et le mobilier a été chiné dans des brocantes pour que l’ensemble ressemble le plus à ce que Saint-Exupéry a connu. La tapisserie et les rideaux ont été refait à l’identique. Il en est de même pour celle du couloir.

En 1949, le réalisateur Henri Decoin met en lumière l’hôtel et ses résidents dans le film « Au Grand Balcon ».
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Voici quelques photos anciennes et d’autres plus récentes de l’hôtel du Grand Balcon.

La Suite Saint-Exupéry














