Emile Lecrivain est né à Paris le 18 février 1897. Il s’engage volontairement dans les dragons en 1916 puis dans l’artillerie. Le 7 septembre 1917, il devient élève pilote et sera breveté pilote militaire le 29 novembre 1917 n°10139. Il est affecté le 15 septembre à l’armée du Levant.
Il est démobilisé le 23 octobre 1924 puis il entre aux lignes Latécoère le 28 novembre 1924 comme pilote et affecté au tronçon Casablanca Dakar. Le 1er juin 1925, il décolle accompagné de l’avion de Drouin pour inaugurer la ligne Casablanca Dakar. Ils sont accompagnés d’André Dubourdieu qui doit rejoindre son poste de chef d’aéroplace à Cap Juby.
Le 31 janvier 1929, Emile Lécrivain pilote le LATE 26 n°674 F-AIMU accompagné du radio Pierre Ducaud. Ils décollent d’Agadir à 16h40 par temps clair pour Casablanca. A la hauteur de Mogador et de Mazagan (aujourd’hui El Jadida), ils rencontrent une forte brume épaisse dont ils cherchent à sortir avec acharnement. Cette recherche fut suivie par radio par les services de base de Casablanca en contact avec Pierre Ducaud qui répondait à leurs demandes angoissées. Ils sont perdus et le radio adresse un dernier message « pilote trop occupé pour vous répondre ». Puis ce fut le silence. L’épave de l’avion fut retrouvée le 2 février 1929 à Cidi-Moussa à 50 km au sud de Mazagan. Le corps d’Emile Lécrivain sera repéré seulement le 23 février sur le rivage entre Mazagan et Casablanca au lieu-dit Lalla Aïcha mais jamais celui de Pierre Ducaud.
Sa gaité, sa verve étaient célèbres. Il venait de Belleville, jouait du violon, dansait à merveille. Dès qu’il pilotait, sa figure changeait, devenait attentive, grave, austère et magnifique.
Joseph Kessel écrira dans son ouvrage Vent de sable :
« On les entendit errer au-dessus de Mogador, au-dessus de Safi. A la façon dont leur appareil que l’océan rejeta sur la plage était brisé, on suppose que volant au ras des vagues, pour distinguer leur écume, seul guide dans cette obscurité, l’avion fut fracassé par l’une d’elles, plus haute. »




