André Dubourdieu est né à Saint André de Cubzac (Gironde) le 13 novembre 1901. Enfant, il trouve sa vocation lorsque ses parents le conduisent à un grand meeting aérien à l’aérodrome de Beau-Désert à Mérignac. Après des études secondaires et la faculté de droit de Bordeaux, il part faire son service militaire dans l’aviation. Il devient élève pilote et obtient son brevet de pilote militaire (n° 1029 ) le 22 novembre 1921.
Il est engagé en août 1924 comme pilote aux Lignes Aériennes Latécoère et affecté au tronçon Toulouse-Casablanca. Il se distingue d’emblée par ses remarquables qualités de fin pilote et par sa maîtrise à surmonter les difficultés de la ligne dans cette période de début.
Affecté en 1925 sur le tronçon Casablanca-Dakar, il effectue le 14 mai 1925 en compagnie de Léopold Gourp et Jean Denis le premier courrier vers Dakar, sur le trajet qui avait été reconnu en 1923 par le commandant Joseph Roig et les pilotes Cueille, Louis Delrieu et Victor Hamm.
Il est affecté en qualité de chef de l’aéroplace à Cap Juby et effectue de nombreux dépannages dans la zone dissidente du Rio del Oro. A la suite d’un atterrissage forcé dû au simoun, il est enlevé et fait prisonnier par les maures près d’Anglou. Il sera relâché après paiement d’une rançon.
Il effectue de nombreuses reconnaissances au-dessus des rezzous. Grâce aux renseignements recueillis et par l’influence exercée sur les maures, il contribue largement à la sécurité des vols en zone dissidente.
Revenu à Toulouse en 1930, il remplit en dehors de ses fonctions de pilote de ligne, celle de pilote d’essais de la SIDAL qui se consacre uniquement à la construction aéronautique après cession des Lignes Aériennes Latécoère à la Compagnie Générale Aéropostale. Il participe à la mise au point de nombreux avions dont le Laté 28 spécial et le Laté 49.
En 1933, il est engagé dans la compagnie Air France et participe à la mise au point du Couzinet « Arc en Ciel » de Jean Mermoz et du Couzinet 10.
La régularité de ses vols en ligne avait valu à André Dubourdieu l’attribution du prix des pilotes de ligne, de jour et de nuit, décerné par le comité de propagande aéronautique. En 1930, il avait ramené à la France deux records du monde avec le Laté 28 : vitesse sur 500 et 1000 kms avec 2000 kgs de charge.
Sa licence de pilote n’ayant pas été renouvelée pour des raisons de santé André Dubourdieu totalisait 11 000 heures de vol.
Parmi les souvenirs laissés par André Dubourdieu, cet extrait d’une lettre :
« On ne parle des mécaniciens pour ainsi dire jamais. Et pourtant, bien des fois, ils ont sauvé la ligne qui se serait arrêtée par asphyxie, faute d’avions. J’en suis le témoin direct. Lorsqu’un avion renaissait sur un chantier improvisé en plein désert, il fallait deux pilotes, un pour se rendre à pied d’œuvre, l’autre pour le ramener. Je quittais alors mon fief de Juby pour retrouver Pierre Deley à Port-Etienne, mon voisin à 800 kms. Nous allions chercher l’avion, emmenant relève et matériel quelque part du côté de Timiris (Baie de Saint Jean). Pierre Deley ! Quel travail de précision il a fourni et la précision de ses atterrissages dans le bled ! ».
André Dubourdieu est décédé le 5 janvier 1979 à Saint André de Cubzac.
Ses distinctions :
- Officier de la Légion d’Honneur.
- Officier de l’ordre de Ouissam Alaouite.
- Titulaire de nombreuses médailles de l’Aéro-club de France et de la chambre de commerce de Paris.







