Achille Enderlin est né le 30 octobre 1893 à Mulhouse (Haut Rhin). Apprenti mécanicien dès son plus jeune âge à la Société Mécanique Alsacienne puis à la société Aviatik (Automobil und Aviatik AG), il est enrôlé de force dans l’armée allemande durant la première guerre mondiale, comme élève pilote chez Rumpler début 1916 puis moniteur et réceptionnaire dans un parc militaire.

En octobre 1921, il est engagé aux usines Latécoère par Didier Daurat comme soudeur autogène, puis mécanicien. Parlant mal le français mais travailleur compétent et sérieux, il finit par avouer qu’il était pilote dans l’armée allemande. Didier Daurat décide de le tester ; il se révèle un pilote sûr, adroit et expérimenté. Il lui sera confié la réception d’avions sortis des usines Latécoère ou de révision.

Il passe aux Lignes Latécoère en juin 1922 breveté Pilote de transport public n°652 le 16 mars 1922 et affecté à la ligne Toulouse-Casablanca. Doté d’un sens inné du vol, il se révèle un précieux auxiliaire pour la mise au point de divers prototypes de la SIDAL.

Il effectue le premier vol de Barcelone le 7 mars 1923 à Palma de Majorque alors qu’il est chef pilote à la SIDAL comme pilote détaché à la Compania Aeromaritima Mallorquina, filiale des Lignes Latécoère.

Il réussit le 11 septembre 1926 en compagnie du mécanicien Emile Béral, la double traversée de la Méditerranée sur Laté 15, à chaque fois sans escale, l’aller en 5h 28, le retour en 7h 08. Au cours du voyage, Béral doit passer sur l’aile supérieure, une commande étant coincée et reçoit un coup d’hélice sur la cuisse ! Achille Enderlin est nommé ensuite Chef des essais chez Latécoère.

Il décède le 31 décembre 1927 avec l’équipage, Mercier, Mattéï, Berdin, Perret lors de la dernière mise au point du Laté 23 Hydro bimoteur (moteur Farman) sur l’étang de Berre, une déformation en vol entraînant la rupture des ailes.

Selon Didier Daurat : « la virtuosité d’Enderlin était exceptionnelle. Je me rappelle qu’un jour, l’arrachement en plein vol de son plan de dérive le contraignit à se poser dans un petit pré, au beau milieu des vignobles de Château Yquem. Il réussit un atterrissage impeccable, répara lui-même son avion et repartit comme il était venu ! Je n’ai pas touché un seul cèpe me déclara t-il, ils font de trop bons vins ! »

PILOTE DES LIGNES AÉRIENNES LATÉCOERE (1893-1927)

© Musée Air France
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© Collection LC
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