Marceau Meresse est né le 25 juin 1905 à Sainte-Hilaire-Les-Cambrai. Il entre à l’Ecole d’Aviation Camplan à Bordeaux le 2 mars 1925 et breveté Pilote sur Spad VII le 12 septembre 1925. Il est breveté Pilote d’hydravions au Cap Ferret le 3 mars 1926 et effectue son service militaire dans l’Aéronautique Navale à partir du 12 mars 1926 à l’Escadrille 3RI à Berre, puis à Hourtin, Cherbourg et termine le 3 septembre 1927 à Berre. Il avait obtenu le brevet de Pilote militaire (avions et hydravions) n°1182 en 1926.
Il obtient ensuite le Brevet de Pilote de Transport Public pour avions et hydravions et entre le 16 septembre 1927 aux Lignes Aériennes Latécoère où il est affecté sur la ligne Alicante-Oran.
Le 7 décembre 1927, il décolle à bord d’un hydravion Lloré et Olivier en compagnie du radio-navigant Le Duff et de deux passagers : les pilote Plamont et Doerflinger. Il est pris dans une violente tempête au Nord d’Oran entrainant la panne des deux moteurs de l’avion. Il réussit cependant à amerrir dans une mer démontée. Après une lutte de plus de douze heures, un navire a pu effectuer une opération de sauvetage pour récupérer les quatre hommes.
Lors de l’ouverture de la ligne Marseille-Alger, il est désigné pour effectuer les premières traversées régulières de la Méditerranée avec un Latecoère 32, puis un CAMS 54 et 56.
En 1929, il est affecté en Indochine pour le compte de la Cie Air-Asie que vient de créer l’industriel Jacques Breguet. Il assure de nombreuses liaisons en hydravion et en avions terrestres dont la liaison postale avec la Cie hollandaise KLM de Saïgon à Bangkok et jusqu’en Malaisie sur des avions monomoteurs au-dessus des forêts vierges inhospitalières en cas de panne.
En 1930-1931, il effectue en hydravion le voyage de reconnaissance du tronçon Saïgon-Calcutta pour le compte de la Cie Air Orient créée à la suite de la fusion d’Air-Asie et de la Cie Air-Union Lignes d’Orient sous la direction de Maurice Noguès. Il assure ensuite les premières liaisons de la ligne France-Indochine avec le Fokker VII sur le tronçon Saïgon-Karachi puis à la création d’Air France, sur Damas-Saïgon-Hanoï.
Il obtient le prix du Pilote de Ligne en 1933 (médaille d’argent) de l’Aéro-Club de France.
Le 27 novembre 1938, alors qu’il assurait la liaison Marseille-Beyrouth sur hydravion Lloré 242, il subit une forte tempête entre Marseille et Ajaccio entrainant la rupture d’une pale de l’hélice et des vibrations telles qu’il était impossible de conserver le régime de vol des moteurs. L’hydravion perd rapidement de l’altitude mais avant l’amerrissage forcé, le moteur défaillant a été identifié grâce au frein d’hélice et la remise en puissance sur les trois moteurs a permis de poursuivre le vol jusqu’à Ajaccio.
Le 13 août 1942, alors qu’il effectuait une liaison régulière Marseille-Alger à bord d’un hydravion Lloré 242, il est attaqué à 100km au Nord des côtes algériennes par quatre avions de chasse britanniques qui protégeaient un important convoi maritime. L’hydravion est criblé de balles dans la cabine duquel on dénombrera quatre morts et huit blessés graves dont trois moururent peu après. Marceau Meresse et ses deux camarades de l’équipage n’étant pas blessés, réussissent à ramener l’hydravion dans le port d’Alger malgré les deux moteurs inutilisables et plusieurs réservoirs d’essence percés.
En 1945, il est affecté sur sa demande au Réseau Malgache en cours de création pour participer au défrichement des lignes intérieures ou celles des Iles de la Réunion et de Maurice.
Le 27 mai 1946, suite à une erreur dans les pleins d’essence au départ de Tananarive, les trois moteurs de l’avion s’arrêtent entrainant l’atterrissage de l’avion avec 17 passagers à bord, sur un banc de sable dans une rivière presque à sec. Grâce à un minimum d’essence apporté à travers la brousse, il redécolle le lendemain vers le terrain le plus proche et continuera son courrier normalement.
En 1947, il participe lors de la réquisition des avions d’Air France pour la lutte contre la rebellion à Madagascar, à diverses opérations de dégagement de populations civiles de Manakara et plusieurs points de la côte sur de Madagascar menacées par les rebelles. Il recevra la Croix de Guerre T.O.E avec palme et Citation à l’Ordre de l’Armée.
Le 14 juillet 1948, alors qu’il est de passage au-dessus de Gao (AOF) lors d’une liaison de Madagascar à destination de Marseille à bord d’un Junker 52, les autorités locales lui demandent de rechercher un avion militaire ayant signalé son atterrissage en panne sèche.
Il le repère le lendemain matin à 200 km de Gao dans la Savane et donne le point précis aux autorités pour l’envoi d’une colonne de secours.
Marceau Meresse a pris sa retraite le 30 avril 1956 avec à son actif 17.937 heures de vol au cours desquelles il a toujours réussi à dominer les situations critiques. Il est sans conteste, l’un des authentiques pionniers de l’aviation de Ligne dans une ambiance chaleureuse et de dévouement en faveur des familles de camarades disparus ou de ceux qui sont restés handicapés par la maladie.
Marceau Meresse est décédé le 31 décembre 1991 à Nice à l’âge de 86 ans.
Ses distinctions :
Officier de la Légion d’Honneur le 23 octobre1950,
Titulaire de la Croix de Guerre T.O.E avec palme, Médaille Coloniale Madagascar, Médaille de l’Aéronautique, Médaille d’Honneur de l’Aéronautiques (Argent), Officier de l’Etoile d’Anjouan, Commandeur de l’Etoile de la Grande Comore.




