Le concept de cet hydravion est élaboré suite à une demande du gouvernement français afin de faire face à la concurrence des anglais et allemands dès 1936.
Monoplan à aile haute sur laquelle sont montés six moteurs Wright de 6000cv.
Entièrement métallique, doté d’une surface portante de 350 m2, d’une envergure de 57,43m, d’une longueur de 43,46m et d’une hauteur de 10,10m. Vitesse maximale de 417 km/h pour une autonomie de 6800 km.
Construit à Toulouse Montaudran,les travaux sont interrompus par la guerre, puis repris sous l’occupation allemande.
Le premier prototype F-BAGH vole la première fois le 4 novembre 1942; cet appareil est réquisitionné par l’occupant qui le base sur le lac de Constance en 1944 où il sera bombardé par les alliés.
Un second appareil, presque terminé est caché aux occupants en avril 1944, puis sera terminé après la libération, ce sera le F-BANT « Lionel de Marmier » qui effectue son premier vol le 19 mars 1945.
Il est reçu par la compagnie Air-France fin juillet et débute ses vols vers Dakar. Il part ensuite en Amérique du Sud où il fait des démonstrations de prestige.
La première liaison aérienne régulière entre la France métropole et les Antilles débute le 25 juillet 1947. Les passagers parisiens embarquaient gare d’Austerlitz à 19h30 et gagnaient Bordeaux en train vers minuit un car Air-France les conduisait vers l’hydrobase des Hourtiquets de Biscarrosse, où l’ équipage, huit navigants techniques et quatre personnels complémentaires de bord (un commissaire de bord et trois stewards ) les attendaient Le décollage était prévu en pleine nuit à 3h. Commençait alors un vol de 10 à 12h à destination de Port-Etienne (colonie de Mauritanie). Quatre heures étaient nécessaires à l’avitaillement durant l’escale. Ensuite l’appareil entamait son vol transatlantique de 4700 km vers Fort-de-France selon les vents, et pour une durée de 16 à 20 h.Compte tenue du décalage horaire, l’arrivée avait lieu au petit matin, le surlendemain du jour de départ.
Cet avion offrait aux 44 passagers confort et luxe (46 passagers sur le F-BANU et F- BDRA), fauteuils en cuir transformables, la nuit en couchettes avec draps et couvertures répartis en cabine de deux ou quatre passagers chacune séparées par des rideaux. Une majorité d’entre elles comportaient des lavabos, également un luxueux bar, une cuisine équipée permettant de servir des repas chauds confectionnés par les stewards qui, à cette époque, avaient reçu une formation hôtelière .
Le Laté 631 n’aura réalisé qu’une courte carrière de 1945 à 1955, de nombreux accidents dont celui du F-BDRE le 11 septembre 1955 entraînent l’arrêt d’exploitation de cet avion.
Dix exemplaires auront été construits, le 11ème a été détruit dans son hangar de Biscarrosse suite à la neige ayant entraîné la destruction du toit du hangar.
Le fichier .PDF ci-dessous est un document complet et très bien documenté sur le parcours de cet avion. Il a été conçu par Pascal PARPAITE, ancien membre de la DGAC et pilote qualifié hydravions.
















