Inauguration de 12 rues qui portent les noms de pionniers de l’aviation

Le 11 octobre 2021 à 12h00, à l’Envol des Pionniers, rendez-vous a été donné aux membres des familles de pionniers dont 11 rues du quartier porteront les noms. Jean-Claude Nivet a présenté son film des portraits de pionniers de La Ligne. Par Ligne, nous entendons Latécoère et Aéropostale de 1918 à 1933. Un repas a permis à chacun de faire plus ample connaissance.

A 14h30, nous rejoignent les invités au baptême des rues des pionniers, tous représentants de la communauté mémorielle des débuts de l’aviation. M. Moudenc, Maire de Toulouse et M. Pranville, Président des Amis de L’Envol des Pionniers dévoilent le plan du quartier où figurent les rues maintenant au nom d’aviateurs connus et méconnus. M. Le Maire remet à chacun des descendants présents une réplique de la plaque au nom d’un pionnier. Hubert Reine, parent du pilote Reine et membre de l’AEP, qui représente Guillemette de Bure, petite-fille de Marcel Bouilloux-Lafont, reçoit la plaque au nom du fondateur de l’Aéropostale et retrace son rôle dans le développement de la compagnie aérienne.

Trois discours sont prononcés. M. Esnault, Maire de Quartier souhaite la bienvenue à tous et souligne l’importance pour son quartier de graver le passé de l’aéronautique dans cet espace nouveau.

M. Pranville remercie M. le Maire et ses équipes pour avoir associé depuis près de 20 ans les familles de pionniers aux cérémonies et rencontres autour de l’Aéropostale et du projet de L’Envol des Pionniers. Il souligne que sont honorés non seulement des premiers de cordée tels Marcel Bouilloux-Lafont, Beppo de Massimi, Julien Pranville, son grand-père paternel, mais aussi toute la cordée de La Ligne au travers de 9 noms de pilotes et mécanicien, moins connus du public. L’honneur qui leur est fait aujourd’hui rejaillit sur tous les acteurs des compagnies Latécoère et Aéropostale. C’est tout à fait dans la ligne des Amis de L’Envol des Pionniers qui célébreront les plus grands mais aussi s’efforceront de sortir de l’oubli les héros méconnus. L’AEP travaillera dans quatre directions : constituer un Cercle des Familles, étudier l’histoire et recenser le patrimoine de La Ligne, proposer à L’Envol des Pionniers des actions qui contribuent à son attractivité, poser les bases d’un carrefour des associations dédiées à la mémoire des débuts de l’aviation commerciale. L’AEP formule le vœu que le château Lespinet abrite un point de rencontre entre familles, passionnés et chercheurs, un centre d’études dédié à ces périodes de l’aviation commerciale.

Monsieur Jean-Luc Moudenc prend la parole. Il rappelle ses interrogations en tant que Maire de Quartier au moment du départ d’Air France. Comment mettre en valeur la mémoire de l’Aéropostale et surtout de ses héros un peu oubliés ? L’Envol des Pionniers est la meilleure réponse à l’inquiétude et aux attentes des familles. Il est central dans ce nouveau quartier qui s’organise autour de la place Marcel Bouilloux-Lafont. Plusieurs établissements supérieurs de formation aux métiers de l’aéronautique et de l’espace vont s’y installer, établissant un lien symbolique entre les épopées du passé et celles de l’avenir. M. Moudenc présente les pionniers à l’honneur :

  • Vicente Almonacid, argentin, pilote de chasse en France devenu directeur de l’Aeroposta Argentina.

  • René Cornemont, pilote du vol inaugural Toulouse-Barcelone avec Pierre Georges Latécoère comme passager.

  • Pierre Deley, pilote sur le Rio del Oro, chef d’aéroplace à Port Etienne, escale ingrate, puis pilote et chef d’aéroplace à Santiago du chili, comptabilisant 150 traversées des Andes.

  • Henri Rozès, natif de Souech, pilote entre Casablanca et Dakar, om il a dû affronter les Maures.

  • Henri Erable, camarade de Rozès, tué par les Maures en 1925.

  • Anatole Arnould, fondateur d’une ligne aérienne Toulouse-Montpellier.

  • Léopold Gourp, enlevé par les Maures, décédé à Casablanca d’une gangrène contractée en captivité.

  • Beppo de Massimi, le marquis diplomate, proche collaborateur de Pierre-Georges Latécoère.

  • Lorenzo Pintado, le mécanicien d’Erable, tué par les Maures dans la même attaque.

  • Julien Pranville, directeur de l’exploitation pour l’Amérique du Sud.

  • Elisée Negrin, pilote réceptionniste, chef d’aéroplace de Buenos Aires où il a succédé à Mermoz.

M. Moudenc souhaite que ce nouveau quartier s’approprie la mémoire de ces héros. Si Toulouse est aujourd’hui la capitale de l’aéronautique et du spatial, elle le doit à ces pionniers. Questionnons-nous : s’il n’y avait pas eu cette histoire glorieuse et dramatique, Toulouse serait-elle devenue ce qu’elle est ?

Les membres et représentants des familles ont fait le tour des rues nouvellement baptisées en autobus à impériale guidés par Jean-Claude Nivet qui a brossé le portrait de chacun des douze pionniers au fur et à mesure du parcours